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De g. à dr. : Olivier Astier, directeur du site, Christophe Schmitt et Maurice Zilliox, ici en présence des plans du Jury nouvelle génération. Photo Olivier TOUSSAINT

Sur la table du directeur trône la nouvelle Bible à l’intitulé sans équivoque : l’architecture et la psychiatrie. Tout en épaisseur et papier glacé. Les images sont belles. Des patios ici et là, du bois, des parois de verre et de la lumière. Tout le contraire de ce que le patient découvre lorsqu’il met les pieds à Jury !

La psychiatrie de demain, voire d’aujourd’hui, n’est visiblement plus un vœu pieux du côté de Jury. « Il y a ici et là en France, des exemples de constructions neuves. On se les approprie aussi », indique Véronique Defloraine, directrice du service technique et logistique de l’hôpital de Jury.

Elle fait partie d’un tour de table au diamètre impressionnant. Où tous les acteurs de la psychiatrie en Moselle ont pris place depuis plusieurs mois. Vingt ans que les équipes soignantes de Jury en rêvaient. « Des rapports, nous en avons écrits à la pelle, se souvient Christophe Schmitt, président de la commission médicale d’établissement. En 2002, nous avions élaboré un projet complet de réhabilitation de l’entièreté du site. Faute de financement, faute aussi de décision politique, rien n’a jamais abouti ».

Et voilà que les dés sont jetés, que l’Agence régionale de santé a ouvert les vannes. La vieille dame conçue fin des années 60 et construite en 1973 sur les hauteurs du petit village et que le poids des ans a fortement abîmée, s’apprête à vivre un incroyable lifting, une véritable mue.

La première tranche verra ainsi la construction d’un bâtiment de trois unités aux 90 lits. En remplacement de l’existant devenu obsolète. « Tout est devenu de moins en moins fonctionnel, avec une conception qui n’a plus lieu d’être », éclaire Olivier Astier, directeur de l’hôpital de Jury-Lorquin (depuis la fusion. N.D.L.R.) et ses 18 implantations extérieures. 20 M€ pour ce seul investissement. À terme, dans les dix à quinze années à venir, ce sont 50 M€ qui auront été dépensés sur le seul site de Jury en constructions neuves et rénovations diverses. Tandis que huit autres ont déjà servi aux consultations avec l’ouverture d’un nouvel établissement à Queuleu ( RL de mercredi ), et 20 M€ encore pour trois filières nouvelles à Mercy.

« Aujourd’hui encore, à Jury, un patient hospitalisé doit partager sa chambre avec deux autres personnes, idem pour les toilettes et les douches ! Ce n’est plus acceptable. Tout doit être revu structurellement pour permettre de nouvelles prises en charge du patient, insiste Maurice Zilliox, directeur de soins. Pour ce qui est de la patientèle soignée en ambulatoire, on constate qu’elle ne souhaite pas rester dans les locaux du fait de leur état. »

Directeur, spécialistes et médecins reviennent ainsi sans se lasser sur ce champ des possibles. Sur leur spécialité qui va s’en trouver forcément transformée, au quotidien. « Nous sommes sur du quantitatif plutôt que du qualitatif ». Jury, avec son fort potentiel, ses 60 hectares de vert accueillant 56 bâtiments, est aujourd’hui totalement décrépi, glauque et déprimant. Un village dans le village où travaillent chaque jour près de 700 personnels. Autant dire que ces grands travaux sont fortement attendus.

C’est en janvier prochain que sera lancé le concours d’architectes avant qu’un projet ne soit définitivement retenu pour ce changement en profondeur de l’hôpital de Jury. Il faudra compter encore quelques mois, ensuite, pour qu’une première pierre soit posée s’agissant de la première construction neuve du site comprenant trois unités d’hospitalisation. La rentrée 2018 pourrait peut-être rimer avec la pose d’une première pierre. L’achèvement de ses premiers travaux est prévu pour 2021. La totalité des rénovations prendra entre dix et quinze ans.


« L’architecture doit changer, s’adapter aux nouvelles façons de soigner »


Plus de 50 M€ pour transformer Jury


L’hôpital psychiatrique de Jury va enfin faire l’objet d’un vaste chantier de rénovation. Le bâtiment de 1973 et ses unités sont plus qu’obsolètes.

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Des bâtiments trop nombreux et peu adaptés à des soins dispensés différemment. Plus rien ne convient à Jury. Photo Olivier TOUSSAINT

Décrépi, délabré, triste pour ne pas écrire déprimant. Le comble pour un lieu de soins censé redonner vie à notre psyché maltraitée. Sorti de terre en 1973, l’hôpital de Jury a très mal vieilli malgré cet environnement vert lui servant d’écrin sur les hauteurs du petit village mosellan du même nom. Pas moins de 12 000 patients sont pris en charge à l’année, en hospitalisation, en ambulatoire et à la faveur de consultations extérieures.

Autant dire qu’il était grand temps que les choses bougent pour ce repaire de soins pour l’ensemble du département où travaillent chaque jour près de 700 personnes ! Ainsi, dans le cadre de la recomposition de la psychiatrie en Moselle, l’agence régionale de santé a enfin ouvert les vannes et permis aux spécialistes, médecins et responsables du site, d’entrevoir un avenir tout neuf.
Un chantier sur plus de dix ans

Une enveloppe de 50 M€ (ARS, autofinancement et emprunts) destinés à un vaste chantier de rénovation et constructions neuves qui durera entre dix et quinze ans, va permettre ce lifting d’envergure indispensable. Des changements structurels étroitement liés à une nouvelle façon de soigner la maladie mentale.

« Il faut que le temps de l’hospitalisation soit le plus adapté au patient, apprécie Olivier Astier, directeur de l’hôpital de Jury. On ne peut plus tolérer, en 2017, qu’un malade ait à partager sa chambre avec trois autres personnes. Idem pour les toilettes et les douches ! Le temps qui sera gagné par les personnels soignants grâce à des structures adaptées va leur permettre plus de disponibilité pour le malade. »

À terme, ce seront près de 80 M€ qui auront véritablement été alloués à ce chantier considérable. Une partie de l’investissement a déjà été engloutie dans la fusion avec le centre de Lorquin et la création de nouvelles unités de soins en extérieur, notamment à l’hôpital de Mercy.

A Jury, le concours d’architectes sera lancé début 2018 pour un possible démarrage des travaux à la rentrée.

C’est en janvier prochain que sera lancé le concours d’architectes avant qu’un projet ne soit définitivement retenu pour ce changement en profondeur de l’hôpital de Jury.
Il faudra compter encore quelques mois, ensuite, pour qu’une première pierre soit posée s’agissant de la première construction neuve du site comprenant trois unités d’hospitalisation.
La rentrée 2018 pourrait peut être rimer avec la pose d’une première pierre.
L’achèvement de ses premiers travaux est prévu pour 2021. La totalité des rénovations prendra entre dix et quinze ans.


« 8O % de file active (nombre de patients soignés sur une année à l’hôpital) ne donne pas lieu à une hospitalisation. C’est dans ce sens que va la psychiatrie et non vers l’enfermement comme le croient encore beaucoup trop de personnes »

Maurice Zilliox, directeur de soins à Jury

Saada SEBAOUI
extrait du RL du 02/09/2017
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