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Souffrance des adolescents : une maison pour soigner à Metz
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Les adolescents peuvent être accueillis à la Maison des adolescents avec ou sans rendez-vous.
Photo Marc WIRTZ

Concernant la souffrance des adolescents, les chiffres explosent », Bernard Blanchard, pédopsychiatre, président du comité de pilotage de la Maison des adolescents est catégorique. « 70 à 80 % des cas ne seront pas des problèmes psychologiques, mais ce sont de vraies souffrances qu’il faut prendre au sérieux pour éviter qu’elles n’évoluent vers des troubles psychiatriques. »

Une mission
La Maison des adolescents, située rue Harelle, à Metz, s’adresse à tous les adolescents de 13 à 20 ans, ainsi qu’à leurs parents. « Notre mission consiste à accueillir, écouter, orienter. C’est un lieu confidentiel, qui prodigue des soins. Les adolescents peuvent venir seuls ou accompagnés », indique Jocelyne Boury, coordinatrice.

Les raisons
Pour quelles raisons les jeunes souffrant de mal-être viennent à la Maison des adolescents ? « En grande majorité parce qu’ils sont en conflit avec leurs parents, explique la coordinatrice. Ensuite parce que la période de l’adolescence est difficile. Enfin, nombreux sont ceux qui s’inquiètent de leur avenir, parce que leurs résultats scolaires sont insuffisants, parce qu’ils décrochent. Parce qu’ils ne s’y retrouvent plus ».

Dramatisation
Le médecin, Bernard Blanchard, voit aussi dans cette recrudescence de malaises chez les jeunes « une dramatisation de notre société, qui se situe dans l’immédiateté ». Et de détailler : « On ne distingue plus ce qu’on appelle un "vent" d’insultes ou de coups. Le harcèlement par exemple existe, mais il répond de toute une gamme de temps forts. » Le pédopsychiatre ne minimise pas pour autant l’impression de mal-être, car « il y a des victimes avec plus ou moins de résilience pour s’arranger d’une bagarre ou d’une simple insulte ». Il faut donc accueillir, entendre les adolescents, pour éviter que ces indispositions ne se transforment en véritables maladies.

Un parcours
La Maison des adolescents fonctionne en étroite collaboration avec le Centre d’accueil pour la santé des adolescents ( Casa ). Il s’appuie sur un réseau de professionnels : infirmiers, psychologues, pédopsychiatre, assistantes sociales, éducateurs… « L’ado qui arrive ici s’entretient dans un premier temps avec une infirmière qui évalue ses questionnements et mettra en place un accompagnement éducatif ou psychologique. La prise en charge est pluridisciplinaire. »

Les parents
Les parents ne sont pas évincés de ce cheminement. « Nous avons un groupe de parole pour ceux dont les enfants ont des troubles du comportement alimentaire, et un autre pour les parents dont les enfants sont en voie de radicalisation. » « Le rôle des parents est fondamental, insiste Bernard Blanchard. Soyons humbles, poursuit-il, on ne change pas un ado avec un rendez-vous par semaine si l’entourage est toxique. Il est nécessaire d’accompagner les parents ».

15
« Il y a dix ans, on enregistrait, en France, 10 % de malaise chez les adolescents. Aujourd’hui, on atteint les 15 % », chiffre Jocelyne Boury, la coordinatrice de la Maison des adolescents de Metz. Rue Harelle, l’équipe pluridisciplinaire, accueille en majorité des filles et la moyenne d’âge est de 16 ans. Le centre messin a accueilli près de 30 % de rendez-vous supplémentaires, « suite aux attentats du 13 novembre ».

la phrase
« Je me bats pour créer une équipe mobile qui pourrait intervenir sur les situations inquiétantes dans les écoles de l’ensemble du département. »
Dévoile le pédopsychiatre Bernard Blanchard. Cette équipe serait composée de deux infirmières et d’un psychologue. « Ce type de propositions permettrait de désengorger des lits hospitaliers », affirme le spécialiste. « On pourrait intervenir dans des situations de crise, de celles qui engorgent les urgences. »

Anne RIMLINGER-PIGNON

Une maison pour ados en souffrance
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« C’est un lieu confidentiel. Les adolescents peuvent venir seuls ou accompagnés », indique Jocelyne Boury, la coordinatrice.
Photo Marc WIRTZ

Le plan « Bien-être et santé » lancé par le gouvernement, comprend deux mesures phares : des séances gratuites de psychothérapie (sur prescription médicale) et le renforcement des missions des adolescents. « L’académie de Nancy-Metz, avec l’ARS de Lorraine, sera site pilote », explique Jocelyne Boury, qui a été reçue pour l’occasion à l’Élysée. La coordinatrice de la structure messine espère que ces dispositions, dédiées au bien-être et à la santé des jeunes, vont dispenser plus de moyens. « On manque de pédopsychiatres, développe-t-elle, d’antennes de Maison des adolescents dans le département. À Metz, la Maison des adolescents accueille près de mille jeunes par an, et nous enregistrons plus de huit cents demandes tous les ans ».
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